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Présentation
Le Soudan

QUELQUES CHIFFRES

Superficie: 2.505.810 km2

Population: 38.114.160 habitants (est. juillet 2003), dont environ 6 millions dans l’agglomération de Khartoum, la capitale

PNB par tête: 310 francs suisses par an, un des plus faibles de la planète

Inflation: moyenne des 25 dernières années, environ 40% par an

Dette extérieure: $21 milliards

Taux d’analphabétisme: 73%


Légende de la photo:
Obligés de fuir à nouveau, ces réfugiés du Sud entament une longue marche vers l’inconnu.

LE PLUS GRAND PAYS D’AFRIQUE AUX PRISES AVEC UNE GUERRE CIVILE QUI S’ETERNISE

Une histoire difficile

Chrétien dès le VIe siècle, le Nord du Soudan connaît jusqu’au XVIe siècle une islamisation et une arabisation progressives. Conquis en 1821 par Mohammed Ali, pacha d’Egypte, il restera pendant près d’un siècle et demi sous la domination égypto-turque puis anglo-égyptienne.
Depuis l’indépendance déclarée en 1956, le Soudan a connu une alternance de périodes de démocratie et de dictature, ces dernières, beaucoup plus longues, survenant à la suite de coups d’état militaires. Ainsi depuis 1989, est en place le régime islamiste du général Omar Béchir dont l’inspirateur officieux, mais très influent, fut pendant plusieurs années le Cheikh Hassan el Tourabi. L’indépendance marque aussi le début d’une guerre civile meurtrière, rarement interrompue entre le Nord, arabe et musulman, et le Sud, où on ne trouve pratiquement que des Noirs animistes et chrétiens. Dans les vingt dernières années, cette guerre a provoqué plus de deux millions de morts, quatre à cinq millions de personnes déplacées et presque autant de personnes réfugiées à l’étranger. Une conférence de paix, patronnée par les pays africains voisins, se réunissait régulièrement sans résultats tangibles. Mais, à présent, sous la pression des Etats-Unis et de quelques pays européens sur les belligérants, les pourparlers ont fait quelques progrès.

Un demi-siècle de guerre civile

Des milliers de Soudanais du Sud, pour la plupart chrétiens ou animistes, quittent chaque année les zones de combat, vers des pays voisins tels que l’Ethiopie, l’Ouganda et la République Démocratique du Congo. Toutefois la plupart n’ont pas les moyens de payer le passage de la frontière, et pour eux l’enfer commence: ils se dirigent généralement vers Khartoum. Beaucoup d’entre eux meurent en chemin, de faim ou de leurs blessures; certains sont arrêtés, mis en prison, ou vendus comme esclaves. Ceux qui finalement parviennent à la capitale sont entassés de force dans des camps autour de Khartoum, sans aucune infrastructure. Les masures qu’ils construisent doivent être reconstruites chaque année, car elles sont balayées par le vent et par la pluie. Ils sont actuellement plus de 2 millions à essayer de survivre ainsi.

Leur seul appui et leur seule source de réconfort, pour ceux qui arrivent à Khartoum, sont l’aide des églises et des ONG. Présente dans tous les camps, par l’intermédiaire de la Société Saint-Vincent-de-Paul, l’Association Suisse des Amis de Sœur Emmanuelle réalise un immense travail d’assistance auprès de cette population en détresse.