FR | EN | DE

Présentation
Le Soudan

Une classe en plein air dans le Sud (2009)

Une mère nourissant ses jumeaux (Sud)

QUELQUES CHIFFRES (2007)

Superficie: 2.505.810 km2

Population: 41 millions d'habitants, dont plus de 5 millions dans la capitale, Khartoum, et son agglomération.

Le PNB par habitant est presque 3 fois moindre que celui de l’Egypte.

47e rang mondial, derrière Haïti et devant le Kenya, sur l'échelle de l'indicateur de développement humain du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Taux d’inflation moyen annuel ces 10 dernières années : environ 16%.

Taux d’alphabétisation des adultes: 60%

40 % de la population a moins de 15 ans

LE PLUS GRAND PAYS D’AFRIQUE AUX PRISES AVEC UNE GUERRE CIVILE QUI S’ETERNISE

Une histoire difficile

Chrétien dès le VIe siècle, le Nord du Soudan connaît jusqu’au XVIe siècle une islamisation et une arabisation progressives. Conquis en 1821 par Mohammed Ali, pacha d’Egypte, il restera pendant près d’un siècle et demi sous la domination égypto-turque puis anglo-égyptienne.
Depuis l’indépendance déclarée en 1956, le Soudan a connu une alternance de périodes de démocratie et de dictature, ces dernières, beaucoup plus longues, survenant à la suite de coups d’état militaires. Ainsi depuis 1989, est en place le régime islamiste du général Omar Béchir dont l’inspirateur officieux, mais très influent, fut pendant plusieurs années le Cheikh Hassan el Tourabi. L’indépendance marque aussi le début d’une guerre civile meurtrière, rarement interrompue entre le Nord, arabe et musulman, et le Sud, où on ne trouve pratiquement que des Noirs animistes et chrétiens. Dans les vingt dernières années, cette guerre a provoqué plus de deux millions de morts, quatre à cinq millions de personnes déplacées et presque autant de personnes réfugiées à l’étranger. Une conférence de paix, patronnée par les pays africains voisins, se réunissait régulièrement sans résultats tangibles. Mais, à présent, sous la pression des Etats-Unis et de quelques pays européens sur les belligérants, les pourparlers ont fait quelques progrès.

Un demi-siècle de guerre civile

Des milliers de Soudanais du Sud, pour la plupart chrétiens ou animistes, quittent chaque année les zones de combat, vers des pays voisins tels que l’Ethiopie, l’Ouganda et la République Démocratique du Congo. Toutefois la plupart n’ont pas les moyens de payer le passage de la frontière, et pour eux l’enfer commence: ils se dirigent généralement vers Khartoum. Beaucoup d’entre eux meurent en chemin, de faim ou de leurs blessures; certains sont arrêtés, mis en prison, ou vendus comme esclaves. Ceux qui finalement parviennent à la capitale sont entassés de force dans des camps autour de Khartoum, sans aucune infrastructure. Les masures qu’ils construisent doivent être reconstruites chaque année, car elles sont balayées par le vent et par la pluie. Ils sont actuellement plus de 2 millions à essayer de survivre ainsi.

Leur seul appui et leur seule source de réconfort, pour ceux qui arrivent à Khartoum, sont l’aide des églises et des ONG. Présente dans tous les camps, par l’intermédiaire de la Société Saint-Vincent-de-Paul, l’Association Suisse des Amis de Sœur Emmanuelle réalise un immense travail d’assistance auprès de cette population en détresse.

La paix?

Depuis que l’accord de paix a été signé début 2005 entre le gouvernement de Khartoum et les indépendantistes du sud du Soudan, la vie quotidienne de ces populations n’a pas vraiment évolué.
La plupart des déplacés n’ont ni les moyens de repartir dans le Sud, ni l’espoir de retrouver autre chose qu’une région dévastée où sévissent la famine et le chaos économique (aucune infrastructure, trafics et spéculations en tous genres, coût de la vie trois fois plus élevé qu’à Khartoum, aucune école etc...)
Par ailleurs, les exactions se poursuivent au Darfour, et les populations chassées viennent grossir les rangs des déplacés à Khartoum.